Mobilité des PE dans l’enseignement supérieur, bientôt et enfin possible ?

Depuis plusieurs semaines, le Sgen-CFDT a interpellé le ministère, par le biais de la DGRH, sur l'impossibilité actuelle pour un·e Professeur·e des Écoles d'enseigner dans le supérieur. Le Ministère semble vouloir avancer sur ce dossier que nous portons depuis plusieurs années.

Depuis plusieurs semaines, le Sgen-CFDT a interpellé le ministère, par le biais de la DGRH, sur l’impossibilité actuelle pour un·e Professeur·e des Écoles d’enseigner dans le supérieur. Le Ministère semble vouloir avancer sur ce dossier que nous portons depuis plusieurs années : notre intervention sur le sujet a fait l’objet d’une réponse positive de l’administration lors du CTMEN, le 10 avril 2019. Cette thématique devra être abordée dans les prochains mois dans le cadre de la mobilité, de la formation mais aussi en lien avec le Ministère de l’Enseignement Supérieur.

ÉTAT DES LIEUX

ATER, CPC, CPE, FA, IA-IPR, IEN, MCF, PEMF, PRAG, PREC, PRCE, PU… Loin d’être exhaustif, cet inventaire à la Prévert dresse un panel assez représentatif des personnels enseignants et enseignants-chercheurs susceptibles d’intervenir dans un des parcours du master MEEF, au moins pour les mentions préparant aux différents métiers de professeur, de documentaliste et de conseiller principal d’éducation.

UN NO MAN’S LAND STATUTAIRE…

La problématique n’est pas la même entre les enseignants du premier degré (PREC) et les enseignants du second degré (PRAG, PRCE et assimilés).

Les professeurs des écoles (PE) n’ont toujours pas la possibilité d’être affectés dans un établissement de l’enseignement supérieur, malgré l’engagement pris il y a déjà quinze ans : « Un décret, en cours d’élaboration, transpose les dispositions du décret [n° 93-461 du 25 mars 1993 relatif aux obligations de service des personnels enseignants du second degré affectés dans les établissements d’enseignement supérieur] à ces personnels (les enseignants du premier degré) dès lors qu’ils sont affectés dans l’enseignement supérieur pour y assurer des enseignements. » (Circulaire n°2002-064 du 20-3-2002)

Or le décret n’est jamais paru, ce qui n’a pas empêché de nombreux IUFM, entre 2002 et 2007, date de leur intégration dans une université, de recruter des professeurs des écoles pour former des étudiants et des stagiaires du premier degré.

On estime encore autour de 200 le nombre de PREC dans cette situation de « no man’s land statutaire ». À l’absence de reconnaissance institutionnelle s’ajoute le problème de l’avancement dans la carrière et de la rémunération.

Le système de notation des professeurs des écoles différait de celui des certifiés et des agrégés, et les PE ne peuvent être évalués que par un inspecteur du premier degré (IEN). Pas de note administrative, juste une note pédagogique après inspection, laquelle est inenvisageable pour des PREC exerçant à l’université. Désormais, les rendez-vous de carrière lissent les choses puisque les personnels affectés dans l’enseignement supérieur relèvent d’une grille d’évaluation spécifique.

QUELLE MOBILITÉ DES PE POUR ENSEIGNER DANS LE SUPÉRIEUR ?

Actuellement, les offres de mobilité à destination des PE sont très faibles. Ainsi, la copie d’écran (ci-dessous) d’un article tiré du portail mobilité du site ministériel de l’Éducation Nationale :

mobilité des PE
Si depuis 1990 un PE obtient un concours équivalent en terme de niveau d’études et de diplômes attendus à celui d’un PLC, force est de constater que presque trente ans plus tard un PE ne peut toujours pas candidater sur un poste dans l’enseignement supérieur sans demander obligatoirement un changement de corps par détachement ou par la liste d’aptitude (avant sa « possible » suppression en 2020).

Alors que la DGRH a fait de la mobilité des enseignant·es une priorité, le Sgen-CFDT revendique l’équité de traitement les personnels des premier et second degrés. Pour cela, le décret cité ci-dessus doit enfin être publié, ou bien un nouveau décret doit rendre possible la mobilité des PE dans l’enseignement supérieur.

C’est pourquoi le Sgen-CFDT a abordé ce sujet lors du CTMEN du 10 avril 2019, lors des échanges concernant la suppression de la liste d’aptitude PLC-PEPS, autour de la problématique de la mobilité des professeurs des écoles.