Évaluations nationales en primaire : 6 heures de compensation insuffisantes, surcharge de travail et résultats des élèves allophones. Les revendications de la CFDT.
Évaluations nationales : une compensation insuffisante et des résultats qui doivent refléter la réalité des classes !
La question des Évaluations nationales et de leur compensation revient régulièrement dans les écoles. Entre les heures de travail supplémentaires, les rencontres avec les familles et les consignes parfois discutables concernant la saisie des résultats, les équipes ont de bonnes raisons de s’interroger.
Pour la CFDT Éducation, deux exigences doivent être respectées : reconnaître réellement le travail supplémentaire demandé aux enseignant·es et garantir la transparence des résultats des évaluations nationales.
Évaluation nationale : une compensation de 6 heures largement insuffisante
La déduction de 6 heures sur les 108 heures consacrées aux obligations de service des professeur·es des écoles relève d’une décision nationale du ministère. Elle ne dépend donc pas d’une décision locale de la circonscription ou de la direction d’école.
Mais cette compensation forfaitaire pose problème. Elle est identique pour les enseignant·es en classes dédoublées et non dédoublées. Elle est également identique pour les enseignant·es de CP, qui doivent faire passer deux sessions d’évaluations nationales dans l’année, contrairement aux niveaux concernés par une seule session.
Comment justifier une compensation identique alors que le travail demandé n’est pas le même ?
La compensation des évaluations nationales ne peut pas se résumer à un forfait uniforme qui ignore les réalités du terrain.
Des évaluations nationales qui génèrent toujours plus de travail
Le travail des enseignant·es ne s’arrête pas à la passation des évaluations. Il faut également corriger les exercices, saisir les résultats, analyser les données et identifier les besoins des élèves.
À cela s’ajoutent les recommandations visant à organiser des rencontres avec les familles pour leur présenter les résultats de leur enfant.
Ces échanges nécessitent du temps : analyse des résultats, préparation des entretiens, prise de rendez-vous et rencontres avec les parents.
Ce travail supplémentaire vient s’ajouter aux préparations pédagogiques, aux réunions et à toutes les autres missions des professeur·es des écoles.
Où ce temps doit-il être pris ? Une nouvelle fois sur le temps personnel des enseignant·es ?
Pour la CFDT, le temps de travail nécessaire à ces missions doit être reconnu et compensé. Les personnels ne peuvent pas continuer à absorber de nouvelles tâches sans que leur charge de travail soit réellement prise en compte.
Évaluations nationales : les élèves allophones ne doivent pas devenir invisibles !
Un autre sujet de préoccupation nous a été rapporté lors de réunions de rentrée.
Certains IEN préconiseraient de renseigner « absent » pour des élèves allophones, par exemple, afin que leurs résultats ne soient pas pris en compte dans les scores de l’école.
Si de telles consignes sont effectivement données dans le but d’améliorer artificiellement les résultats affichés, nous les dénonçons fermement.
Les élèves allophones font pleinement partie de nos classes. Leurs besoins particuliers, leur parcours d’apprentissage du français et leur situation doivent être pris en compte dans l’analyse des résultats. Ils ne peuvent pas devenir invisibles dans les données pour préserver les statistiques d’une école.
Nous le disons clairement : les élèves concernés ont passé les évaluations, leurs résultats doivent être renseignés conformément aux règles applicables. Il n’est pas question de grossir artificiellement les résultats ou de les arranger !
Écarter certains élèves pour ne pas faire baisser les scores revient à donner une image partielle et trompeuse de la réalité scolaire.
Les évaluations nationales devraient avant tout permettre de mieux identifier les besoins des élèves et d’adapter les pratiques pédagogiques. Elles ne doivent pas devenir un outil de communication destiné à afficher de beaux résultats.
Nous demandons donc des consignes nationales claires, transparentes et identiques pour toutes les écoles concernant la passation, la saisie des résultats et le traitement des situations particulières.
Toute non-passation doit reposer sur la situation réelle de l’élève et sur les règles applicables, jamais sur la volonté d’améliorer les résultats affichés.
La CFDT revendique une véritable reconnaissance du travail des équipes
Sur ces deux sujets, notre position est claire : les évaluations nationales ne peuvent pas être une charge supplémentaire imposée aux personnels sans reconnaissance de leur travail.
La CFDT revendique :
- Une compensation du temps de travail proportionnée au nombre de sessions d’évaluations nationales.
- La reconnaissance du temps consacré à l’analyse des résultats et aux rencontres avec les familles.
- Une prise en compte réelle des conditions d’exercice et de la charge de travail supplémentaire des équipes.
- Des consignes nationales transparentes et identiques concernant la saisie et le traitement des résultats.
- Le respect de la réalité des classes et de la diversité des élèves accueillis, notamment des élèves allophones.
Puisque les règles de compensation et les modalités de ces évaluations relèvent de décisions nationales, c’est bien au ministère d’apporter des réponses. Les DASEN que nous avons interpelés sur le sujet nous ont d’ailleurs renvoyé à l’échelon ministériel…
Les enseignant·es ont besoin de temps pour enseigner, accompagner les élèves et dialoguer avec les familles. Pas de nouvelles missions qui s’accumulent sans compensation adaptée, ni de pressions pour embellir des résultats statistiques.
Le temps de travail des personnels doit être reconnu et respecté. Nos élèves ne sont pas des statistiques à ajuster pour embellir des bilans !
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